Beyonce & Jay-Z devant la Joconde au Louvre
Au Musée

Beyoncé & Jay-Z ! Mais pourquoi ont-ils choisi le musée du Louvre ?

Queen B. et son rappeur de mari Jay-Z ont lancé le 16 juin 2018 un nouvel album commun : Everything is Love.

Le lancement de l’album s’est accompagné d’un premier clip réalisé par Ricky Saiz, Apeshit, qui signifie folie furieuse en argot. Tourné au musée du Louvre en seulement deux jours, le clip d’un esthétisme éblouissant est, comme souvent avec ces artistes, truffé de symboles.

Six minutes de film, une trentaine de tableaux dont la Joconde et les Noces de Cana, des sculptures comme la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace. Voilà le cadre qui a servi aux Carters pour tourner leur clip vu plus de 235 millions de fois sur YouTube !

Mais d’après toi, quels sont donc ces symboles qui ont inspiré Beyonce & Jay-Z ? Et quel est leur relation avec l’art pour avoir choisi le Louvre, le plus grand et le plus visité musée au monde ?

Nous avons mené notre petite enquête et sommes restés bouche bée, tant la symbolique est parfois puissante et d’une extrême profondeur.

Beyoncé et Jay-Z au Louvre : choix des tableaux et des symboles

Sur la route de l’esclavage

La chanson raconte la réussite professionnelle et le luxe dans lequel vivent Beyoncé & Jay-Z. Et ces images sont comme une revanche sur les colonialistes et les esclavagistes devant lesquels ils chantent, dans un musée entièrement tourné vers la célébration de la peinture blanche. Le couple glorifie les personnes qui ont souffert avant eux. Pour les Carter, ce sont ces souffrance qui leur ont permis d’arriver à leur position sociale actuelle.

Et Beyoncé de chanter :

« Je ne peux pas croire que nous y soyons arrivés, c’est ce pourquoi nous sommes reconnaissants »…

… devant le tableau le Radeau de la Méduse.

Cette œuvre gigantesque (5 m de haut sur 7 m de large) peinte en 1819, a pour héros un jeune noir que Théodore Géricault a choisi de peindre en signe de contestation contre l’esclavage et le conservatisme du début du XIXe siècle.

Jay-Z devant le Radeau de la Méduse

Jay-Z devant le monumental tableau Le Radeau de la Méduse

Ainsi, la tragédie représentée sur le Radeau de la Méduse  est l’un des faits divers les plus effroyables de l’année 1816.

La Méduse, frégate de la marine royale française, était partie pour coloniser le Sénégal. Pendant la traversée, le Commandant qui n’avait pas navigué depuis 20 ans, fut incapable d’éviter un banc de sable. Le navire s’y échoua violemment. Les chaloupes en nombre insuffisant, obligèrent la construction d’un radeau de fortune pour accueillir les 150 personnes restantes.

Perdus en mer

13 jours de dérive sur des flots déchaînés, au rythme de règlements de compte et autres actes de cannibalisme pour survivre… 13 jours d’enfer sanglant… 13 jours… et seulement 10 rescapés !

Géricault décida de représenter sur le tableau le faux espoir qui précéda le sauvetage des naufragés qui voient le bateau de secours s’éloigner d’eux. La composition très travaillée par le peintre s’exprime dans un mouvement pyramidal. En son sommet culmine son héros, ce jeune noir au drapeau, figure de proue de l’embarcation.

Le choix de ce tableau par Géricault, qui fit scandale au Salon de 1819 à Paris, est une vision de l’existence humaine abandonnée à elle même. Et si Beyoncé et Jay-Z le reprennent à leur compte au musée du Louvre, c’est aussi pour interroger sur la lutte pour les droits des personnes noires. Mais aussi, et surtout,  la visibilité (invisibilité ?) des personnes de couleur dans le monde des arts.